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Les Amertumes

Inspiration estivale

25 Mai 2011 , Rédigé par Darius Hyperion Publié dans #Sonnets

Tes Cheveux fins et roux caressent ton Corps nu,
Gardiens de ta Pudeur que les Draps ont trahie,
Et, comme la Vénus sous la Voûte ébahie
Du Ciel qui la voit naître en ce Tableau connu,

Tu caches d'une Main, dans un Geste ingénu,
Tes Seins. J'aurais pour toi pris Rome et l'Achaïe,
Mais en l'Instant combien, combien je t'ai haïe
De n'être à ton Chevet qu'un Satyre cornu.

Tu dors, et la Pénombre enveloppe tes Courbes
Mieux que mon Rêve dans ses Instincts les plus fourbes.
Morphée, ôte tes Bras! Mon Cœur bat, mon Sang bout !

Muse, ta Sieste est longue, aussi longue est ma Peine.
Le Soleil que tu fuis décline sur la Plaine.
Debout, ma Paresseuse, il est l'Heure, debout !

 

 

 

{Presque deux ans et demi après le premier sonnet de ce cycle, il serait temps qu'elle se réveille !}

 

 

 

Cycle des Inspirations saisonnières

Inspiration hivernale
Inspiration printanière
Inspiration automnale

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Denis 03/10/2012 18:22


Oui, autant pour moi, et j'ai vérifié la phonétique de ces mots trop tard.


Par contre, s'agit-il pour les 4 rimes de diérèses? J'avoue mon doute et mes lacunes.


Pour le mélange des genres, mon expression était plus générale et justement posait la question du mélange synérèse/diérèse et non masculin/féminin.


J'aimerais pouvoir m'exprimer avec votre précision, malheureusement, je ne suis pas doué pour cela et le regrette amèrement.


Cordialement.

Darius Hyperion 03/10/2012 18:48



En ce qui me concerne, je suis bien incapable de prononcer ces mots en synérèse. Haï en 1 seule syllabe, comme pour l'exclamation de douleur "aïe" ? ou ébahi, Achaïe, trahi en 2 ? Impossible pour
moi. Ce sont bien des diérèses, même en prose.


La peste emporte ces diphtongues incongrües,
Ces hiatus et ces voyelles sans appui !
J'essaie et tente, il me plait d'être d'aujourd'hui.
Mes audaces, hélas ! leur paraissent verrues !





note 1 : les trois premiers alexandrins sont des trimètres


note 2 : le ü à incongrües respecte la réforme de l'orthographe de 1990


note 3 : j'ai fait la diérèse, et donc l'hiatus, sur le mot hiatus !



Denis 30/09/2012 18:36


Bonjour Darius,


encore l'emm... des synérèses et des diérèses!


Donc, vous affirmerez ou infirmerez, mais hormis le fait que je trouve particulièrement jolie cette rime de diérèses entre Archaïe et haïe, n'y a t'il pas un mélange des genres entres cette
dernière et celle de la 1ere strophe?


Le h ne constituerait-il pas une forme de consonne d'appui (pas très bavarde certes!)  que l'on ne trouve pas ensuite?


Cela dit, que serait la règle sans l'exception, à condition que l'exception ne devienne pas la règle! surtout dans ce maître de rigueur que constitue le sonnet.


Mais lorsqu'on fait d'une exception, comme vous venez de le faire avec bonheur, un parti pris assumé, ce n'est plus dévoyer, mais enrichir la poésie à mon avis.


amitiés,


Denis


 

Darius Hyperion 01/10/2012 09:02



trahie / ébahie / haïe / Achaïe, la rime est féminine, pourquoi mélange des genres ?


Et rien n'empêche de faire rimer une rime sans consonne d'appui avec une rime avec consonne d'appui (voir exemple de Hugo au paragraphe 2.3.4 de mon essai sur les rimes (2/3)) . Mais ici la
question ne se pose même pas, le h n'ayant aucune valeur sonore. La rime est quand même avant tout affaire de son, vous poussez le principe de la rime pour l'oeil beaucoup trop loin.



Cordialement



jfb 29/05/2011 02:17



C'est vrai que "mes rêves t'ont enveloppée" a un côté moins terre à terre que "je t'ai enveloppée dans mes rêves", moins prosaïque (donc plus poétique ?). C'est vrai aussi que "Mieux que moi-même
dans mes rêves" insiste beaucoup sur la première personne et peu paraître un peu lourd. Je me rallie donc à votre dernière modification.
Personnellement, la césure à proclitique ne me dérange pas du tout, mais si vous tenez à l'évitez, il y a toujours la solution de placer le "mieux" au vers précédent pour pouvoir écrire "Que mon
rêve observant ses instincts les plus fourbes".



Darius Hyperion 29/05/2011 07:25



Je compte bien garder intact le premier vers de ce tercet.

"Mieux que moi-même dans mes rêves les plus fourbes.
Morphée, à moi deux mots, Mon coeur bat, mon Sang bout".
Ca faisait 10 M, 5 par vers !
Et le "moi-même" en comptait trois à lui tout seul.


Je m'attaque à Morphée maintenant.
"Morphée, à moi ! Jaloux, mon coeur bat, mon sang bout !"
Pas terrible.



jfb 27/05/2011 22:35



Bon, peut être ai-je lu une référence à cette citation du Cid sur un autre blog ; ou alors, j'ai lu ce sonnet à plusieurs occasions et cette expression m'a interpelé à chaque fois sans pour
autant que je me fusse souvenu du reste du poème, ce qui montrerait au passage qu'en plus de vous lire, je vous relis, et vous flattera d'autant plus. Dernière hypothèse : c'est peut-être moi qui
ai besoin d'une analyse ;)


Pour en revenir au texte, la solution finalement retenue présente en plus l'avantage de rendre le "je" réalisateur secondaire, plutôt que les rêves, de l'action d'envelopper, ce qui me semble
préférable.


Tant mieux si ma remarque a pu vous aider !


Cordialement



Darius Hyperion 28/05/2011 09:01



J'aurais quand même préféré me passer du "moi-même", redondant avec "mes" rêves. Ma première version avait pour double avantage d'éviter le verbe "faire" par l'ellipse et de ne pas mettre "je" ou
"moi". Même si, pour les raisons de syntaxe et d'ellipse évoquées, ce n'était pas satisfaisant.


Je pense, au contraire de vous, qu'il vaut mieux personaliser "mes rêves" comme sujet d'un verbe, s'il doit y avoir un verbe. A mon avis, en place de "Je t'ai envelopée dans mes rêves", il vaut
mieux dire "Mes rêves t'ont enveloppée". Sans doute est-ce une affaire de suggestivité.


Et puis, mine de rien, la césure à proclitique reste quand même assez étrange. Même si le e muet qui précède le proclitique "dans" force rythmiquement la césure contre la syntaxe.


Donc je ne suis pas encore satisfait, je continue mon fignolage.


Merci en tous cas de vos commentaires, voilà ce que j'appelle une véritable critique : même si certains passages ne vous ont pas plu, vous avez dit pourquoi, de façon argumentée et non
péremptoire. En plus, vous avez suggéré une solution. C'est rare, et donc remarquable. Merci


Cordialement


"A moi, Dame, trois mots". En fait, ces fameux "trois mots" (et non deux), donnent à cette variante du Cid une toute autre intention que celle du futur Campéador envers le Comte.


Et si vous le souhaitez, j'ai une bonne adresse de psy



jfb 27/05/2011 17:23



Ah oui, la solution que vous proposez me semble aussi la meilleure. (C'est vrai que l'idée de supprimer l'ellipse pour remettre un verbe "faire" n'est pas excellent non plus.) Et puis ça permet
de ne plus toucher au vers précédent. Je vote pour !


Quant à la référence au Cid, pourquoi pas, mais j'ai l'impression qu'elle revient quand même souvent :)



Darius Hyperion 27/05/2011 17:43



Faut pas tirer à boulets rouges sur l'ambulance comme ça


Il me semblait ne l'avoir utilisée qu'une fois auparavent, dans le sonnet "Vale". Mais je ne connais pas par coeur toute mon "oeuvre".


Enfin, ça prouve que vous me lisez, j'en suis flatté !


Par contre, si vous dites vrai, je file en analyse direct !