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Les Amertumes

Provisoire IV

13 Octobre 2008 , Rédigé par Darius Hyperion Publié dans #Sonnets

{Le serpent est dans l’homme, c’est l’intestin.
Il tente, trahit, et punit.
Victor Hugo, William Shakespeare}

 

Vouloir mourir, mourir plutôt que vivre
Cette Existence inutile, sans But,
Entre Appétit, Désir fou, morne Rut,
Et Tentation de l'Oubli qui rend ivre.

Aller là-bas ! dans les Marges du Livre
Où chante l'Ange accompagné du Luth,
Loin des Clameurs du Tempérament brut,
Loin de ce Ventre où s'enroule la Guivre.

J'étais Néant ! l'Humanité me nuit.
Au vain Soleil je préfère la Nuit ;
Demain ? Jamais ! Dormir sans Espérance !

Délivrez-moi, Seigneur Dieu de l'Ether,
D'un Corps soumis aux Marques de l'Enfer ;
La Mort ! La Mort ! Comme une Délivrance !

 

 

 

Provisoire I
Provisoire II
Provisoire III
Provisoire V

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Patrick 03/05/2009 15:40

Excellent texte, mais attention : d'après le littré "tentation" fait diérèse et votre vers est de 11 syllabes dans ce cas.

Darius Hyperion 03/05/2009 18:47


Tout-à-fait d'accord dans l'absolu, et vous avez raison de le rappeler.

Cependant, en totale contradiction avec ma position quant au e muet, je n'applique pas l'usage des diérèses et synérèses du vers régulier (abusivement dit "classique"). Et je dis bien "usage", non
"règle", un usage étant flou et souvent arbitraire, une règle étant claire et fondée. Je suis les règles qui font le vers, non les usages qui ne sont pas fixés.

La raison en est simple et tient dans cette citation de Théodore de Banville (Petit traité de poésie française, 1872) :

"Il est indispensable, pour la versification, de savoir quand plusieurs voyelles qui se suivent forment ou ne forment pas diphtongue et doivent par conséquent se prononcer en une ou en plusieurs
syllabes. Mais ici nous marchons sur un terrain brûlant, car à vrai dire la REGLE N'EST NULLE PART ; il faut s'en rapporter à ce fantôme masqué qu'on nomme
USAGE et qui a autorisé tant de niaiseries et tant de crimes !"

Dans le site suivant, vous trouverez les usages tels que les rapportent Banville :

http://www.forum-poetique.net/Dierese-et-synerese-h5.htm

Je trouve franchement absurde que "vi-ole" soit diérétique et "fiole" synérétique, de même que "di-amant"  et "diable". Dans le même ordre d'idée "li-en" compte pour deux syllabes, alors que
"chien", "mien", "tien", "sien", "bien" pour une seule.

Il est clair qu'un tel fourmillement de règles et d'exceptions justifie que l'on ne puisse parler de règle dans le domaine de la diérèse et de la synérèse : comme en mathématiques, trop
d'exceptions tue une règle.

C'est à l'époque de Boileau que les usages rapportés par Banville se sont fixés. Auparavant, la Pléiade avait sans succès préconisé la référence à l'étymologie latine des mots, peine perdue puisque
certains mots d'usage courant enfreignaient déjà cette règle.

On citera encore l'évolution de certains mots comme hier, ouvrier, sanglier, dont le décompte de syllabes a beaucoup varié dans le temps (hi-er, sang-lier, ouv-rier, chez Ronsard, en complète
opposition à l'usage actuel), les hésitations de Molière et certain reproche que fait Banville à Hugo au XIXème siècle encore.

Je dois cependant vous accorder que les mots en "-ti-on" ont toujours été diérétiques.

Ceci étant considéré, nous avons, semble-t-il une liberté insoupçonnée au niveau des diérèses et synérèses. Le tout étant bien entendu de ne pas faire n'importe quoi et de placer des diérèses et
synérèses uniquement pour faire le compte de syllabes.

Parfaitement conscient qu'il ne sert à rien de détruire si l'on ne construit pas après, je me suis donc attelé à essayer de rationaliser un peu tout cela : vous trouverez mes tentatives dans mes
poèmes de forme "quartion".

Etant assez sensible aux hiatus, je n'ai jamais aimé les tentati-ons, essenti-els, purifi-er, etc. ("Va te purifi-er dans l'air supéri-eur" de Baudelaire). Même si ces hiatus internes sont tolérés,
je les trouve franchement laids.

Ce qui m'a fait adopter un usage plus récent, celui par lequel la prosodie peut effectivement coller à la prononciation contemporaine, tout en chassant l'hiatus : j'ai donc une certaine tendance à
privilégier la synérèse, comme je le fais ici.

Ceci étant dit, je prépare un essai sur ce sujet, mais il me manque des exemples de Baudelaire et Rostand qui, semble-t-il, commençaient déjà à ne pas appliquer l'usage des diérèses et synérèses,
tout en appliquant les règles du e muet et de l'hiatus, preuve encore qu'il faut faire le distingo entre les règles fondamentales du vers et les usages.

Je ne peux espérer vous convaincre avec ceci, car le sujet est sensible. Je ne veux pas non plus que cela paraisse comme une tentative désespérée de m'en sortir par une pirouette. Je sais mes
écarts en regard d'un certain usage, mais ces écarts me sont permis par l'absence certaine de règle en la matière.

Cordialement


maminova 21/10/2008 10:10

Dieu fasse qu'elle ne vous lise pas !

Darius Hyperion 21/10/2008 13:32


Elle n'a plus d'yeux, de toute façon.

Merci