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Les Amertumes

Faust

30 Août 2014 , Rédigé par Darius Hyperion Publié dans #Griesches

Forme de tierce rime des griesches de Rutebeuf

 

Ouvrir les Bras sur le Néant,
Le Vide, l'Espace béant,
        Que tu me manques !
Et ni l'Or des Coffres des Banques,
Ni les Farces des Saltimbanques,
        Ne m'en distraient.
Mes Strophes qui se souviendraient
De tes Yeux qui me dévoraient
        Restent sans Suite ;
J'ai beau courir, prendre la Fuite,
Tenter d'oublier par la Cuite,
        Tu n'es pas là.
J'ai beau me dire : "Accepte-la
Cette Sentence qu'appela
        Quelque Sorcière
À peine éclos de la Poussière
Sur ta Face rouge et grossière"
        Je ne peux pas ;
À chaque Souffle, chaque Pas,
L'Absence dont tu me frappas
        Toujours me crible.
Cette Souffrance incorruptible,
Digne d'un Verset de la Bible,
        Je n'en peux plus ;
Ma Vie est un sombre Palus,
Le Jour, l'Ennui me tient reclus,
        La Nuit, l'Angoisse
Me ronge au Sang, m'étreint, m'empoisse,
Et dans mes noirs Cauchemars froisse
        Mon Lit trop grand.
Parfois, comme un Faust délirant,
L'Appel du Diable me surprend
        Dans un Blasphème ;
Je me damnerais sans Problème
Pour quelques Mots, pour un Je t'aime,
        Pour un regard,
Je veux ce Lieu commun ringard
De Pierrot lunaire et hagard,
        Je veux connaître
Tes Bras qui réchauffent mon Être,
Et mon Sexe qui te pénètre,
        Tes Râles courts.
J'avais oublié dans les Cours
Des Universités le Cours
        Du Temps qui passe ;
Le Savoir prit toute la Place
De ma Tête à mon Cœur, Préface
        À mon Roman,
Préface au Docteur qui se ment,
À l'Absence d'Attachement,
        À tout le Reste ;
Car déjà cette Malepeste
Me rendait sans que je proteste
        Farouche et seul,
De mes Langes à mon Linceul,
De l'Enfance à l'Âge d'Aïeul,
        Sans ta Présence.
Bien sûr ma Liberté commence
Par cette Solitude immense,
        Mais à quel Prix !
Mon Cœur ne s'est jamais épris
Que des Barbes de grands Esprits,
        D'Écrits, de Nombres.
Ô Science abstraite aux Appas sombres,
Maîtresse froide, tu m'encombres
        - Le dire enfin !
Tu ne sais plus nourrir ma Faim,
Le Bonheur du Savoir est feint
        Sans chère et tendre.
Sur ce je ne veux plus m'étendre,
Méphistophélès daigne entendre,
        De Profundis,
La Clameur d'un Fou qui jadis,
Contre trente Maravédis,
        Chiffra son Père.
Enfer, que ta Magie opère
Pour que je rencontre ma Paire,
        Mon Âme Sœur,
La Femme qui par sa Douceur
Saura derrière l'Épaisseur
        Des Apparences,
Au-delà des Équations rances
Et des antiques Références,
        Trouver l'Amant.
Vienne, que vienne ce Tourment
De Déraison, de Sentiment,
        Qu'enfin j'enlace
Le Bonheur, cet Instant fugace,
Le Bonheur, ce Mot qui m'agace. 

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Julien Lecomte Quittelier 15/12/2014 13:53

Bonjour,

J'ai appris beaucoup en visitant votre blog, je vous en remercie. Si vous le voulez, j'ai mis le lien de mon nouveau blog. Pour le moment il n'y a qu'un poème, c'est celui qui me tient le plus à coeur. Si vous souhaitez le lire, ça me ferait super plaisir. Encore merci.

Darius Hyperion 15/12/2014 19:57

Merci pour votre passage.

artisan serrurier 25/11/2014 03:26

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement

Darius Hyperion 25/11/2014 20:11

Désolé, mais il semblerait que je ne puisse pas accéder à votre blog. Quoi qu'il en soit, merci pour l'intérêt que vous portez à mon blog.

organique 13/11/2014 01:43

Merci beaucoup pour cet article. Continuez.

Darius Hyperion 13/11/2014 18:39

Merci pour votre passage et votre message